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Le rosaire avec Carlo Acutis
© Marie Maillard pour Lights in the Dark/MiraclesdeCarlo.com
Mystères joyeux (lundi, samedi)
1er Mystère : L’Annonciation à Marie par l’ange Gabriel (Lc 1.26-38 ; Mt 1.18-25)
Fruit du mystère : l’humilité.
Parole de Dieu : Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Méditation de Carlo : L’humilité que Jésus expérimenta n’est pas tant du fait qu’il soit né dans une crèche, mais du fait qu’il soit passé par ce tunnel épuisant qu’on appelle « l’incarnation. » En cela, Jésus est passé de l’infini, sa substance, au fini, sa condition. Ce passage épuisant de l’infini au fini fut son humiliation. Et c’est l’exemple continu de l’humilité qu’il donne avec son incarnation, qu’il vécut pendant toute une génération, plus de trente ans, et qu’il souffrit et offrit dans l’exercice continu de l’humilité. Ainsi donc, nous, catholiques, devons décider de vivre cette humilité, c’est-à-dire cette vertu fondamentale qui nous permet de nous incliner devant Dieu, de nous incliner devant notre prochain, et de nous plonger dans la charité qui n’est rien d’autre que l’humilité en acte. Parce que tout manque de charité est un manque d’humilité, et vice et versa. Le monde est bâti sur l’orgueil. L’orgueil est caractéristique du monde. Parce que si nous étions vraiment humble, le Seigneur s’inclinerait devant nous et nous accorderait des grâces. Parce que, chaque grâce non accordée vient d’un acte d’orgueil commis. Tandis qu’une grâce accordée vient d’un acte d’humilité accompli.
2e Mystère : La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1.39-55)
Fruit du mystère : la charité fraternelle.
Parole de Dieu : En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Méditation de Carlo : « Faites comme moi, et vous verrez quelle révolution se produira en vous. De là, de ce profond attachement à l’eucharistie, naît l’amour des petits, des deniers, des pauvres. »
« La messe n’est rien d’autre que le sacrifice de la croix, l’unique sacrifice éternel qui se renouvelle et qui nous implique intimement dans note appartenance à son corps. Le Christ est un être collectif : s’il est sacrifié, nous sommes co-sacrifiés avec lui, s’il est immolé, nous sommes co-immolés avec lui… le paradis est déjà en nous et nous sommes déjà au paradis. Mais tant que nous sommes sur cette terre, cet amour est crucifié ; ce n’est pas pour rien que Jésus a voulu rester avec nous dans son amour sacrifié, dans le sacrement de l’eucharistie. Dire que nous aimons l’autre et ne pas accepter la croix que l’autre implique est une plaisanterie. La caractéristique de l’amour sur cette terre sera toujours un amour crucifié.
3e Mystère : La Nativité de Jésus à Bethléem (Mt 2.1-12 ; Lc 2.1-20)
Fruit du mystère : l’esprit de pauvreté.
Parole de Dieu : Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Méditation de Carlo : Le Seigneur Jésus, pour s’incarner, choisit pour mère une pauvre fille de 15 ans seulement et un pauvre charpentier pour père adoptif. Quand il est né, on ne lui opposa que des refus, car on ne savait pas où les loger, jusqu’à ce que quelqu’un lui déniche une étable. Si nous y réfléchissons, l’étable de Bethléem était certainement préférable à beaucoup de maison d’aujourd’hui où le Seigneur est encore rejeté, souvent même injurié, parce qu’il y est reçu de manière indigne. Une pauvre fille de 15 ans et un pauvre charpentier sont les parents de Dieu, qui ont choisi la pauvreté et non le luxe.
4e Mystère : La Présentation de Jésus nouveau-né au Temple (Lc 2.22-38)
Fruit du mystère : pureté et obéissance.
Parole de Dieu : Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Méditation de Carlo : « Marie Très Sainte, Mère du Sauveur, avait traversé avec Jésus toutes les phases de son existence terrestre ; et aujourd’hui encore, jusqu’à la fin des temps, elle continuera à traverse toutes les époques de l’histoire, tenant par la main ceux qui se confient à elle dans un abandon filial, la reconnaissant comme un exemple lumineux et comme la mère de toutes les grâces. L’appeler Mère du Sauveur, c’est l’appeler mère de la douleur, de la Passion, de la crucifixion, du chemin de croix. Marie a vécu une maternité du Calvaire, un martyre non sanglant mais non moins crucifiant.
5e Mystère : Le Recouvrement de l’enfant Jésus au Temple (Lc 2.40-51)
Fruit du mystère : la recherche de Dieu
Parole de Dieu : Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
Méditation de Carlo : Notre présence sur cette terre a un sens. Cela a un sens, si on le comprend comme un chemin direct, mais personnel vers le Sauveur. Par conséquent, notre problème, mon problème, votre problème, est le suivant : hâter cette rencontre, réaliser cette rencontre, la rendre concrète.
Mystères Lumineux (jeudi)
1er Mystère : Le Baptême de Jésus au Jourdain (Mt 3.13-17)
Fruit du mystère : l’état de grâce.
Parole de Dieu : Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Méditation de Carlo : Le récit du baptême du Christ est presque télégraphique, mais très dense. Ainsi donc, Jésus est baptisé. Le ciel s’ouvre. Le Saint-Esprit descend. La voix du Père le confirme comme le Messie : « Tu es mon fils bien -aimé, en toi j’ai mis toute mon affection ». Comme nous pouvons le constater, cet événement de l’histoire de l’humanité a une valeur prééminente, presque infinie. Jésus s’immerge dans le Jourdain et le ciel répond. En haut, en bas. Le ciel et la terre. Le fait que Jésus est baptisé par son précurseur fonde sa messianité dans l’humilité. Le Sauveur se met à la hauteur des pécheurs. Il se joint publiquement à la foule et demande à être baptisé. Une humilité immense. Immolation de l’image de soi au dernier degré. Assimilation au pécheur dans une condition d’extrême simplicité. Il se mêle à ceux qui demandent le pardon. Il entre dans l’eau purificatrice. Il ne se cache pas. Il ne se dérobe pas. Il ne fuit pas. Au contraire… et le ciel répond. Un événement raconté avec une extrême simplicité, mais en soi d’une signification exceptionnelle. Le paradis qui s’ouvre. Une « colombe » qui descend. Une voix qui se fait entendre. Il ne s’agit pas d’un spectacle. Ce n’est pas un drame. Ce n’est pas une allégorie. C’est la réalité divine qui entre dans le temps et qui, dans ce coin de Palestine, prend une voix humaine. Cette voix déclare que le Christ est le Fils de Dieu. Il est l’objet de la complaisance divine. Nous avons lu ou entendu cette histoire et nous nous y sommes habitués. Elle nous glisse dessus. Elle nous échappe aussitôt que nous l’avons lue. Elle est rabaissée au niveau de la petite histoire d’une nouvelle. Il faut faire une pause. Il faut insister. Il serait nécessaire de réduire les effectifs. Le ciel s’ouvre, ce ciel qui a presque toujours été fermé parle. Le Christ, qui vient d’être baptisé, est explicitement et solennellement affirmé comme Fils. Fils, c’est-à-dire de la même nature divine. Vous imaginez ? Nous sommes ici face à l’éternité, qui s’exprime de manière solennelle dans le temps. Nous sommes à l’écoute d’une vérité fondamentale : le Christ est à la fois Dieu et homme. Tout l’Évangile est là. C’est la vérité fondamentale. Document d’identité. Passeport pour la rédemption. Ces lignes condensent l’opération-salut. Le genre humain se situe dans la lignée trinitaire de la coéternité. L’opération-salut est maintenant en cours. La plénitude des temps est à son apogée. Ce sont des paroles décisives. Ce sont des mots-substances. C’est le Verbum Aeternum qui prend la nature humaine pour la racheter. Le Dieu unique et trinitaire nous est révélé dans sa deuxième personne.
2e Mystère : Les noces de Cana (Jn 2.1-12)
Fruit du mystère : confiance en la volonté de Dieu.
Parole de Dieu : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Méditation de Carlo : Le corps mystique est la réalité qui constitue l’essence même de l’Église. La tête, c’est le Christ, les membres, ce sont les fidèles. La tête plus les membres forment le corps mystique. Cette admirable réalité que la grâce nourrit à travers chaque sacrement possède en elle-même l’unité tandis qu’elle la suscite. Cette unité, qui ne peut être trouvé dans aucune organisation, passée ou présente, est concrétisée et vécue par l’unique foi, l’unique espérance et l’unique amour. Les vertus théologales trouvent leur actualisation dans les sacrements.
3e Mystère : L’annonce du Royaume de Dieu avec l’invitation à la conversion (Mc 1.15)
Fruit du mystère : la conversion intérieure, la sainteté.
Parole de Dieu : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »
Méditation de Carlo : Jésus est monté sur la montagne. Il s’est détaché de la multitude. Il ne s’est pas détaché de la personne individuelle. La montagne est en haut. La foule est tout en bas. Jésus vise le haut afin d’attirer le bas. Il monte et s’assoit. C’est-à-dire se place en condition de repos, de pause, mais aussi d’enseignement. Il voit les foules et distingue les personnes. Il monte : il quitte le bas et va vers le haut. Il s’assied : il s’arrête, fait une pause, se repose, respire, adopte une position. Le tableau est complété par l’approche des disciples. Le maître à son auditoire préféré. Maître +disciple (signe égale) école. Maintenant, il peut commencer. Nous en sommes au célèbre « Sermon sur la montagne ». Huit enseignements, chacun introduit par un « béni ». Qui sont ces « bienheureux » ? les pauvres en esprit, les affligés, les doux, les affamés, les assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, les persécutés. Et non les riches, les célèbres, les savants, les intelligents, les économistes, les politiciens, les entrepreneurs, les artisans, les commerçants, les médecins, les avocats, les professeurs. Il y a la pauvreté, il y a l’affliction, il y a la douceur, il y a la justice, il y a la miséricorde, il y a la pureté, il y a la paix, il y a la persécution. Complexe de réalités inscrites dans les domaines de la coutume, du sentiment, du détachement, de l’idéal, de la compréhension, de l’honnêteté, du calme, de l’agression subie. Des personnes bénies, des situations bénies, des réalités bénies.
4e Mystère : La Transfiguration (Lc 9.28-36)
Fruit du mystère : la contemplation.
Parole de Dieu : Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui… « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Méditation de Carlo : Quand Jésus dit que ce n’est pas Moïse qui a donné le pain du ciel, mais c’est son Père qui donne le pain du ciel, le vrai, il introduit l’eucharistie. Son grand dessein, son plan prestigieux, son projet prestigieux prend forme, devient réalité. Il présente le Père comme le dispensateur du pain, le vrai : il se nomme lui-même « le pain de Dieu ». Nous entrons dans la sphère de l’eucharistie. « Celui qui descend du Ciel » : cette expression mérite d’être méditée, étudiée, contemplée. Le paradis : l’éternité. Nous parlons de descente parce que nous pensons au ciel comme à une entité supérieure. Le terme signifie simplement « venue », « arrivée » de l’éternité dans le temps. De l’espace à la planète Terre. Nous avons une intervention unique : la Sainte Trinité entre en relation personnelle avec l’être rationnel. Une rencontre a lieu. Le pain de Dieu : La vie
5e Mystère : L’institution de l’Eucharistie (Jn 13)
Fruit du mystère : la pratique des sacrements.
Parole de Dieu : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Méditation de Carlo : Si nous y réfléchissons, nous avons beaucoup, beaucoup plus de chance que ceux qui vécurent il y a deux mille ans aux côtés de Jésus en Palestine. Les Apôtres, les disciples, les gens de cette époque, pouvaient le rencontrer, le toucher, lui parler, mais ils étaient encore limités par l’espace et le temps. Beaucoup devaient faire des kilomètres pour le rencontrer, et il n’était pas toujours possible de l’approcher, car la foule l’entourait. Pensez à Zachée qui, pour le voir, dut grimper dans un arbre. Nous en revanche, il nous suffit d’aller à l’église la plus proche et nous avons « Jérusalem » à notre porte !
Ceux ui vivaient à côté de Jésus ne pouvaient pas recevoir comme nous son corps et son sang. Ils ne pouvaient pas pratiquer l’adoration eucharistique par laquelle Jésus nous transfigure et nous rend de plus en plus semblable à lui. C’est lui qui nous a dit « Vous serez parfait comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48 ; « caché » dans l’eucharistie, il nous donne tout de lui, son corps, son sang, son âme et sa divinité afin qu’ainsi s’opère notre sanctification. Jésus nous invite à venir à lui : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi » Comme dit l’écriture : « de son cœur couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 36-38).
Plus nous recevons l’eucharistie, plus nous deviendrons semblables à Jésus et dès ici-bas nous pourrons nous délecter du paradis.
Mystères douloureux (mardi, vendredi)
1er Mystère : L’Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers (Mt 26.36-50 ; Mc 14.32-46 ; Lc 22.39-48 ; Jn 18.1-8)
Fruit du mystère : le regret de nos péchés (la contrition).
Parole de Dieu : Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.
Méditation de Carlo : Se convertir, c’est arrêter de tomber au fond et commencer à remonter. Plus nous serons descendus, plus la remontée sera difficile. L’important est donc d’inverser le cours des choses. Pas à pas, jour après jour, sans jamais s’arrêter d’avancer. Plus nous nous élèverons, plus nous verrons les choses dans une juste perspective, dans leur intégralité et leur totalité. Plus nous montons, plus nous entrons dans l’atmosphère de l’éternité partagée. C’est l’air de l’infini que nous allons respirer. La vie éternelle deviendra note habitat. La coéternité sera inscrite sur notre carte d’identité. Coéternité (signe égal) éternité ensemble. Avec qui ? Avec la Sainte Trinité.
2e Mystère : La Flagellation de Jésus (Mt 27.26 ; Mc 15.15 ; Jn 19.1)
Fruit du mystère : la mortification de nos sens et de notre corps.
Parole de Dieu : Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Méditation de Carlo : Unis à Jésus, son amour crucifié nous engendre ; or c’est une croix qui donne la vie, non la mort : sa croix donne la Résurrection, donc ce n’est ni la tristesse ni le désespoir. Ce serait du désespoir si nous souffrions pour ce qui ne vivifie pas. Dans l’eucharistie, cette osmose a lieu : l’amour sacrifié du Christ me prend et transforme ma personne, mes sentiments, ma volonté, tout mon être. J’entre en Jésus, dans son mystère le plus intime et deviens lui, en réalisant cette communion essentielle et fondamentale avec mon Seigneur pour lequel j’ai été créé. Il passe en moi et je passe en lui. Si vous commencez à aller à la messe tous les jours, vous ne pourrez plus vous arrêter. ET je vous promets que cela vous arrivera : si avant vous ne trouviez pas le temps de faire quoi que ce soit, après avoi été à la messe, vous trouverez le temps de tout faire. Faites-en l’expérience.
3e Mystère : Le Couronnement d’épines (Mt 27.27-301 ; Mc 15.16-20 ; Jn 18.37 ; Jn 19.2-15)
Fruit du mystère : la mortification de nos pensées et de notre esprit.
Parole de Dieu : Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Méditation de Carlo : La rencontre avec l’ennemi est la rencontre avec l’anti-moi, comparable à la face cachée de la lune qui n’est pas éclairée par le soleil. C’est-à -dire qu’en moi, il reste une zone obscure et inexplorée qui réserve d’incroyables surprises. Pour progresser, il est nécessaire d’éclairer cette partie, de lever les voiles qui ne me permettent pas de voir, de sonder ses propres « profondeurs ». Cela peut être douloureux. Tôt ou tard, il faut affronter l’anti-moi pour le rééquilibrer, le réharmoniser, le purifier. »
4e Mystère : Le Portement de Croix (Mt 27.31-33 ; Mc 15.20-22 ; Lc 23.26-32 ; Jn 19.16-17)
Fruit du mystère : la patience dans les épreuves.
Parole de Dieu : Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
Méditation de Carlo : Dès la naissance, notre destin est scellé : nous sommes tous appelés à gravir le Golgotha et à prendre notre croix.
En d’autres termes, nous devons passer notre existence à nous préparer à la mort. Nous ne devons pas céder aux tentations terrifiantes de découragement et de panique ; nous ne devons pas non plus nous montrer ni superficiels ni négligents. Ce qu’il faut, c’est choisir une voie médiane, en optant d’abord pour une grande équanimité alimentée par la confiance et orientée vers des chemins d’espérance.
Cette deuxième vertu théologale doit être pour nous à la fois un phare et une force. L’écriture nous demande de « rendre compte de l’espérance qui est en nous ». Lorsque l’existence est amoindrie par la maladie ou que la sentence finale de mort a été prononcée, il faut choisir de se conformer à la volonté divine. De plus, c’est un excellent exercice pour s’unir intimement à la Passion et à la mort de notre Seigneur. Paul dit qu’il avait accompli en soi ce qui manquait à la passion du Christ : cela signifie que le corps mystique ne cesse de monter au calvaire ; il y est soumis à l’oppression, à la persécution et au combat, c’est selon. Tout comme la Création, la Passion se poursuit. Et ce, jusqu’à la fin du monde, de ce monde-ci. Cette unité n’est pas sans effet pour tout le peuple de Dieu qui en tire un bénéfice. C’est ainsi que s’établit un courant continu de douleurs, d’offrandes et de martyres. Ce courant rejoint celui des messes, célébrées au rythme de cinq par seconde. « Jésus, ma communion ». « Jésus, je me relie aux messes du monde. » Voilà deux prières jaculatoires très fécondes. Fort bien ! Pourquoi ne pas en tirer profit ? »
5e Mystère : Le Crucifiement et la mort de Jésus sur la croix (Mt 27.34-61 ; Mc 15.23-47 ; Lc 23.33-56 ; Jn 19.18-42)
Fruit du mystère : un amour plus grand pour Jésus, mort pour nous sauver.
Parole de Dieu : Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Méditation de Carlo : Puis vint le péché, et avec le péché vint la mort. La mort, qui n’existait pas auparavant, a commencé à exister et est devenu la plus terrible réalité de la vie de chacun. Tout être rationnel reconnaît que la mort est « le problème ». L’homme est toujours à la recherche de réponses quant à ce qui est ou n’est pas après la mort. En effet, pour chacun d’entre nous, la mort est la réalité la plus véridique, la plus authentique, la plus authentique face à laquelle il n’y a pas le moindre doute. La vie quotidienne devient alors une lutte acharnée contre la mort, qu’il est impossible d’éviter, mais que l’on tente par tous les moyens d’éloigner et de rendre aussi (manque peu ?) cruelle que possible. Jour après jour, nous luttons avec la mort, si ce n’est contre la mort. La mort est, pour la plupart des gens, le saut dans l’inexistence, l’abîme de l’avant, du jamais, du toujours, du risque, du danger, de l’incertitude, du coucher de soleil, de la fin, des comptes, du bilan. Tout cela fait l’obscurité, produit l’obscurité. Les gens sont l’humanité. Ce sont les milliards de personnes qui se succèdent sur la planète. Ce sont les vies qui vont et viennent. Ce sont les vies qui s’allument et s’éteignent. Ils sont la nuée d’êtres qui regardent, qui entendent, qui touchent, qui sentent, qui imaginent, qui rêvent, qui désirent, qui comprennent, qui veulent, qui choisissent. » masse interminable, cet ensemble incroyable, cette multitude qui se débat, qui veut et ne veut pas, qui prend et laisse, qui aime et déteste, qui sert et qui commande, qui aide et abandonne, qui,…tous ces « gens »sont, enfin, éclairés. Éclairés, c’est-à-dire libérés, sauvés, rachetés. Par qui ? Par le Christ. Et Jésus, qui aurait pu choisir n’importe quel moyen de racheter l’humanité parce qu’il est infini, a choisi de mourir lui aussi. Ainsi, ce qui était pour nous le moment le plus dramatique, celui du doute le plus authentique, le tourment le plus angoissant, est devenu, par Jésus, un facteur de rédemption et de libération. Jésus a choisi la mort, la mort la plus terrible, la plus violente, la plus diabolique. Sur ce morceau de bois en croix, battu de la manière la plus infâme qui soit. En choisissant la mort, Jésus nous a redonné la vie. Le grain de blé, c’est lui qui en mourant, a porté beaucoup de fruit. Avec Jésus, la mort est devenu lumière, force, espoir et confiance. Grâce à Jésus, tout a été renversé et la mort est devenu « vie ». Ce n’est pas absurde, c’est seulement le changement qu’apporte sa mort, car le grain de blé est tombé, est mort et a porté beaucoup de fruits. La mort est universelle, tout comme le péché est universel. Le moment de la mort est inconnu. L’âme séparée prend la place de la personne et exerce ses facultés intellectuelles. Du point de vue spirituel, nous devons savoir et sentir que nous ne sommes pas pour toujours sur cette terre.
Mystères glorieux (mercredi, dimanche)
1er Mystère : La Résurrection de Jésus (Mt 28.1-15 ; Mc 16.1-18 ; Lc 24.1-12 ; Jn 20.1-28)
Fruit du mystère : la foi.
Parole de Dieu : Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »
« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. »
Méditation de Carlo : (dans l’eucharistie) Notre organisme vivant vient d’être intimement lié à Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Jésus promet la vie éternelle à ceux qui communient. Il ne dit pas « aura », mais « a » la vie éternelle. La vie éternelle de surcroît. C’est-à-dire la coéternité. Avec la communion, nous avons la vie éternelle. Avoir la vie éternelle consiste à posséder tout ce qui est nécessaire et indispensable pour partager la coéternité. Nous sommes inscrits « dans le bureau d’enregistrement du ciel ». Nous sommes, à toutes fins utiles, citoyens de la coéternité.
(Dans l’eucharistie) Jésus est avec moi et je suis avec lui, et c’est un fait éminemment personnel, individuel. Cette relation directe entre moi et Jésus s’opère par l’eucharistie et par la foi. Lorsque Jésus est venu sur la planète Terre, il a essayé de résumer ou, comme dit Paul, de récapituler en lui toute l’éternité, toute l’humanité. L’humanité avant lui, l’humanité pendant lui, l’humanité après lui. Il y loge. Et Jésus, en habitant dans ce sens a résumé en lui, jour après jour, heure après heure, tout le genre humain, dans tous les sens du terme…C’est ainsi que nous sommes face à un miracle qui nous laisse stupéfait et sidérés. C’est le miracle de la rédemption, c’est le miracle de la vie de Jésus avec nous, qui attirant en lui toute l’humanité, s’est vraiment fait le Rédempteur, le Sauveur, le Sanctificateur de chacun de nous. »
2e Mystère : L’Ascension de Jésus au ciel (Lc 24.39-53 ; Mc 16.19-20 ; Ac 1.6-9)
Fruit du mystère : l’espérance et le désir du Ciel
Parole de Dieu : Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Méditation de Carlo : Nous n’avons pas de cité stable ici-bas, mais nous en cherchons une pour plus tard. Nous avons été élevés à l’état surnaturel, rachetés et sauvés, nous sommes destinés à l’éternité avec Dieu, la « coéternité ». La mort ne doit pas être considérée comme la fin de tout. Ce n’est pas la fin. Ce n’est pas la fatalité. Ce n’est pas la conclusion fatale. C’est le passage à la coéternité. Si nous considérons que nous sommes de passage dans ce monde, si nous nous comportons comme des êtres de passage, si nous aspirons aux choses d’en haut, si nous orientons toute notre existence vers l’au-delà, si nous la fondons sur l’au-delà, alors tout est ordonné, tout est équilibré, tout est orienté, tout est rempli d’espoir. Si nous considérons demain comme un avenir proche auquel il faut se préparer, alors l’une des vertus les plus importantes de la spiritualité intervient : l’espérance. L’espérance, il ne faut pas la considérer ni comme une tournure poétique, ni une impression affective, non plus qu’une échappatoire qui éviterait de s’engager, mais pour ce qu’elle est : la deuxième vertu théologale plantée en nous telle une graine au moment de notre baptême.
3e Mystère : L’effusion du Saint Esprit au jour de la Pentecôte (Ac 1.14 – 2.47)
Fruit du mystère :la descente du Saint-Esprit dans nos âmes.
Parole de Dieu : Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Méditation de Carlo : Le saint Esprit, comme promis, nous a été communiqué. Le peuple est uni dans la foi, l’espérance et la charité. C’est-à-dire les vertus théologales qui forment l’étoffe du lien. La foi nous conduit à un seul Dieu. L’espoir nous fait attendre un Dieu unique. La charité nous fait aimer un Dieu unique. Les vertus théologales créent à elles trois l’unité. Quand nous croyons moins, quand nous espérons moins, quand nous aimons moins, l’unité s’estompe et disparait. Le thermomètre et le baromètre de l’unité sont les vertus théologales. La cohérence des vertus théologales est donc la mesure nécessaire de l’unité de l’Église.
4e Mystère : La Dormition et l’Assomption de Marie au ciel (2 R 2.11 ; Tradition ; LG 59)
Fruit du mystère : la grâce d’une bonne mort
Parole de Dieu : Désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles
Méditation de Carlo : Nous avons l’habitude de dire : « ici », « là », « en haut », « en bas ». Cette façon de penser et de parler relativise tout. Immergés dans l’ici, nous relions tout au temps et à l’espace, ce qui nous asservit et nous conditionne. Si nous nous libérons de ces chaînes, si nous nous habituons aux choses d’en haut, si nous nous familiarisons avec l’au-delà, si nous considérons la vie comme un tremplin vers l’éternité, alors la mort devient un passage, devient une porte, devient un moyen. Elle perd de son caractère dramatique. Elle perd sa fatalité. Elle perd sa limite. Exorcisez la mort. Spiritualisez la mort. Sanctifiez la mort. C’est ça le secret. Alors nous ne penserons pas, nous ne parlerons pas, nous ne mesurerons pas en termes d’absolu, de non-retour, de destruction totale, mais nous verrons la mort dans la lumière, dans la chaleur et dans la victoire du Christ ressuscité. »
5e Mystère : Le Couronnement de Marie dans le ciel (Ap 12.1 ; Tradition ; LG 59 et 68)
Fruit du mystère : une plus grande dévotion dans la Vierge Marie.
Parole de Dieu : Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles
Méditation de Carlo : Chaque fois que nous nous tournons vers la Mère de Dieu, nous entrons en relation immédiate avec le ciel. Comme si nous y entrions. En l’appelant « pleine de grâce », en l’invoquant de cette manière, nous attestons la confiance filiale que nous avons en elle. Nous le croyons. Nous espérons qu’elle sera la dispensatrice de tout bien. De toute grâce. Nous lui disons : « Priez pour nous. » Nous l’invitons ainsi, se prévalant de sa condition, à venir vers nous. Nous nous tournons vers elle sachant qu’elle est Omnipotentia Supplex (« toute puissante par son intercession »). Son intercession est si sûre que nous considérons son intervention comme allant de soi. Sa prière est infaillible. Le genre humain, en Marie, fut élevé à une dignité surnaturelle. Dieu a pris pour Mère une créature. Mystère !